PNNS 5 : une nouvelle ère pour l’alimentation durable et la santé publique ?
J’ai longtemps cru, comme beaucoup, qu’un repas équilibré devait absolument inclure de la viande ou du poisson.
Parce que non, les protéines ne sont pas l’apanage des produits animaux.
Et surtout : les protéines végétales ont aujourd’hui des arguments solides à faire valoir, tant pour la santé humaine que pour l’environnement.
Les protéines sont des macronutriments essentiels, constitués d’acides aminés, dont certains sont dits essentiels car notre corps ne sait pas les synthétiser. Elles sont nécessaires à la fabrication des enzymes, hormones, muscles, tissus et même à la régénération cellulaire¹.
L’ANSES rappelle que les besoins en protéines varient selon l’âge, le sexe, l’état physiologique ou encore l’activité physique². Mais ce qui est certain, c’est qu’il faut veiller à la qualité des protéines que nous consommons, c’est-à-dire leur teneur en acides aminés essentiels et leur digestibilité³.
Pendant longtemps, on a considéré les protéines animales comme « complètes » et donc supérieures. Mais cette vision s’affine. Une revue de la littérature souligne que les protéines végétales, bien que parfois déficientes en un ou deux acides aminés essentiels, peuvent parfaitement répondre aux besoins si elles sont diversifiées dans la journée⁴.
La digestibilité des protéines végétales est parfois inférieure à celle des protéines animales. Toutefois, des techniques comme la fermentation ou la cuisson améliorent fortement leur biodisponibilité³.
Et la musculation alors ? Une méta-analyse de 2024 a récemment remis en cause l’idée que seules les protéines animales favorisent l’hypertrophie musculaire. Les résultats montrent que les protéines végétales, lorsqu’elles sont consommées en quantité suffisante, ont un effet comparable sur la croissance musculaire⁵.
✅ Pour la santé métabolique
Une large étude a mis en évidence une association positive entre la consommation de protéines végétales et la réduction du risque de maladies cardiovasculaires, de diabète de type 2 et de certains cancers⁶. Ces bénéfices sont probablement liés à l’effet synergie des fibres, antioxydants et graisses insaturées présents dans les sources végétales (légumineuses, noix, céréales complètes…).
✅ Pour le microbiote
Des travaux récents ont montré que les régimes riches en protéines végétales ont un effet bénéfique sur la diversité du microbiote intestinal, ce qui contribue à la santé digestive et immunitaire⁷.
✅ Pour les populations âgées
Selon l’INRAE, favoriser les protéines végétales chez les personnes âgées peut aider à maintenir leur autonomie musculaire, à condition d’assurer un bon équilibre en acides aminés⁸.
✅ Pour l’environnement
Produire des protéines végétales demande beaucoup moins d’eau, de terres et d’émissions de gaz à effet de serre que les protéines animales. C’est un levier majeur dans la lutte contre le changement climatique⁹.
✅ Pour mettre fin à la souffrance animale
Je ne vous ferai pas un dessin sur les modes de souffrance liés à l’élevage, au transport ou à l’abattage. Disons simplement que manger végétal, c’est arrêter de cautionner tout ça — et ça, c’est quand même une belle source de protéines pour la conscience.
En tant que nutritionniste, j’accompagne des femmes, des hommes, des étudiants, des seniors… Tous avec des besoins différents, mais une même question récurrente : comment manger mieux, sans carences ni culpabilité ?
Je ne prône pas le tout végétal. Mais j’encourage à réduire les produits animaux sans perdre en qualité nutritionnelle, en diversifiant les sources végétales : pois chiches, lentilles, quinoa, soja, tofu, graines de courge, etc.
Dans mes suivis, je propose des associations simples pour couvrir les besoins en acides aminés essentiels : céréales + légumineuses, ou encore oléagineux + légumes secs, des repas économiques et rassasiants.
Aujourd’hui, je dis : « il faut des protéines de qualité, et les végétaux ont toute leur place ». Comprendre les mécanismes, explorer les sources, et surtout, adapter à chacun.
C’est ça, la nutrition que je défends chez Amovitam.
Sources :