Quand l’obésité devient une maladie : une nouvelle définition pour une meilleure prise en charge

Par Sarah ARASCO • Publié en août 2025 • Modifié en avril 2026

Une commission internationale d’experts, coordonnée par The Lancet Diabetes & Endocrinology, propose une refonte du diagnostic de l’obésité. Loin de l’IMC comme seul critère, elle introduit les notions d’obésité clinique et préclinique, permettant une prise en charge plus juste, personnalisée et fondée sur des preuves. Ce changement majeur ouvre la voie à une meilleure reconnaissance de la maladie, au service des patients et des professionnels.

Comprendre l’évolution : de l’IMC à une vision fonctionnelle

L’obésité touche aujourd’hui près d’une personne sur huit dans le monde. Pourtant, jusqu’à récemment, elle était principalement définie par un seul critère : l’indice de masse corporelle (IMC). Simple à calculer, mais insuffisant pour refléter la complexité de cette pathologie.

En réponse à cette limite, une commission internationale composée de 56 experts de divers pays – coordonnée par le Pr Francesco Rubino (King’s College London) – a été formée, avec le soutien de The Lancet Diabetes & Endocrinology. Elle propose une nouvelle définition, fondée sur des données cliniques, physiologiques et fonctionnelles, et validée par plus de 75 organisations médicales internationales.

Deux stades, deux réalités : préclinique et clinique

Le rapport distingue désormais deux formes d’obésité :

  • L’obésité préclinique : un excès de masse grasse sans atteinte d’organe ni altération du quotidien, mais avec un risque accru d’évolution vers des complications métaboliques, cardiovasculaires, rénales ou encore articulaires.
  • L’obésité clinique : une maladie chronique, systémique, caractérisée par une atteinte fonctionnelle avérée (organes touchés ou réduction significative des activités quotidiennes).

L’IMC reste un outil de dépistage, mais n’est plus suffisant pour établir un diagnostic. D’autres indicateurs sont désormais à intégrer, comme :

  • le tour de taille,
  • le rapport taille/hanches ou taille/hauteur,
  • des critères fonctionnels validés.

Pourquoi ce changement est essentiel

En tant que nutritionniste, je vois au quotidien les limites du regard porté sur l’obésité : culpabilisation, stigmatisation, retards de diagnostic, inégalités d’accès aux soins.

Ce rapport souligne un point fondamental :

L’obésité n’est pas un simple excès de poids. C’est une maladie. Et elle ne peut pas être réduite à un chiffre.

Grâce à cette nouvelle définition :

  • La prise en charge peut être personnalisée selon le niveau de risque réel,
  • Les soins peuvent être ciblés (prévention active pour les cas précliniques, traitements médicaux ou chirurgicaux pour les formes cliniques),
  • Et les inégalités d’accès aux soins doivent être corrigées.

Ce que cela implique pour nous, professionnels de santé

Cette approche impose une évaluation plus fine, une écoute attentive, et surtout une mise à jour de nos pratiques.
Elle nous rappelle que chaque parcours est unique : on ne traite pas une maladie, on accompagne une personne.

Chez Amovitam, cette vision fait déjà partie de ma pratique.
Je privilégie une prise en charge individualisée, sans jugement, centrée sur les besoins réels et les ressources de chacun. Ce rapport vient renforcer ce positionnement.